chantier @tension

Dix participants venant de tous horizons font le pari d’inventer un moment de théâtre à partir de ce qu’ils sont, juste de ce qu’ils sont…Une partition de corps, de mots, de chuchotements, de cris, de vivant, d’humain…

Posté le: 9 juin 2011
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quelques nouvelles

@tension, Chantier !

Bonjour à tous,
voici quelques nouvelles après cinq premières journées de travail (première rencontre le 21 mai).

Nous avons jeté des phrases au hasard.
Nous les avons assemblées de manière aléatoire.
Nous les avons décrétées théâtrales.

Elles ne nous ont pas démentis : elles constituent maintenant notre texte, nous les mettons et remettons à l’épreuve du plateau.
La mise en jeu nous révèle que chacune de ces phrases, se trouve intimement justifiée par l’attention que nous lui portons.
Nous pouvons avoir l’impression d’extorquer au hasard, des motivations.

En tout cas nous y projetons notre propre désir de nous mettre en mouvement, en jeu, d’insérer du jeu dans nos mécanismes.
Nous nous exerçons à créer des écarts, à fuir le pléonasme, à ouvrir des espaces de projection pour nos futurs spectateurs.

Nous portons aussi notre attention sur la question même de l’attention. L’expérience qu’on en fait, qu’on en a fait.
Et nous tentons d’en témoigner. Cela constitue un matériau complémentaire à notre texte et à notre travail scénique.

Nous faisons cela en essayant d’activer les mots (motiver), c’est-à-dire de leur rendre une certaine autonomie, à rebours de l’usage commun qui fait d’eux des outils asservis à une rationalité écrasante (et apparente).
D’abord, presque toucher, les mots, dans leur « motérialité », les mâcher, les dés-intégrer, les laisser séjourner dans la bouche, dans les oreilles où ils se reconstituent à leur guise, se recombinent entre eux autrement.

Les mots seraient des contorsionnistes, des bêtes fauves, des clowns enragés. Ils feraient bien tout un cirque, envoûteraient volontiers nos oreilles.
La fonction poétique serait un principe actif de la création théâtrale.

Nous irions ainsi vers la création d’un spectacle en forme de poème collectif, de variations autour d’expérimentations attentives.
Un poème de l’écart et des entorses.
Les scènes s’enchaîneraient comme les étapes d’un voyage, une tentative non rentable d’écriture de soi, de ce qui est là, d’inscription par l’attention.

Il se peut que notre propre compréhension se perde dans une immensité.
Peut-être y décrirons-nous un soulagement…

Posté le: 31 mai 2011
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